Centre National de Référence
des maladies auto-immunes
et systémiques rares de Strasbourg
(RESO)

Le Centre National de Référence des Maladies Auto-immunes et Systémiques Rares de Strasbourg (CRMR RESO) à reçu la labellisation dans le cadre du plan national maladie rare (PNMR3) et assure des missions de soins, d’enseignement, de recherche et de recours relatives à la prise en charge diagnostique et thérapeutique des patients atteints de maladies auto-immunes et systémiques rares. Ces missions sont conjointement partagées par les services d’immunologie clinique et de rhumatologie des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. qui constituent ensemble le CRMR RESO.
Le CRMR RESO s’intègre comme Centre de Référence National dans la filière maladies auto-immunes rares FAI2R et travaille en lien avec les principaux réseaux Européens de référence dans le domaine.

CONQUERIR LES MALADIES AUTO-IMMUNES
PAR LA MEDECINE DE PRECISION

LE PROJET
PACIFIC

PACIFIC sera un centre innovant de recherche et de soin médical de nouvelle génération entièrement consacré aux maladies inflammatoires à médiation immune (IMID). Contrairement aux principaux efforts qui ont été déployés au niveau des cohortes de patients, PACIFIC propose une approche centrée sur le/la patient/e avec un retour individuel direct pour lui/elle, et ce notamment à travers les techniques modernes de la médecine personnalisée avec notamment un apport conséquent de biologie à haut débit et médecine de système.

 

La prise en charge des patients est au coeur de nos missions

Les maladies auto-immunes au CRMR RESO de Strasbourg

Découvrez la liste des maladies auto-immunes prises en charge dans notre centre de référence, telles que le lupus systémique, la sclérodermie, la polychondrite atrophiante, la connectivite mixte (ou syndrome de Sharp), les myopathies inflammatoires, le syndrome des antiphospholipides (SAPL), la maladie de Horton, la maladie de Takaysu, les vascularites, la sarcoïdose, la maladie de Behçet, la maladie de Still et les autres maladies auto-inflammatoires, la maladie de Cogan et le syndrome de Susac, ainsi que des informations sur la recherche sur les maladies auto-immunes, la cortisone, les traitements ciblés, les vaccins, nos actualités, les réunions de concertation pluridisciplinaires, des conseils d’alimentation, le programme d’éducation thérapeutique des maladies auto-immunes et des liens vers les critères de classification et les principales associations de patients. Vous découvrirez également le rôle de l’ergothérapie et de la méditation au cours des maladies auto-immunes. Le service de rhumatologie prend également en charge les pathologies telles que la polyarthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite ankylosante, et le service d’immunologie clinique est spécialisé dans la prise en charge des déficits immunitaires. Les maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaque ou la maladie de Basedow sont prises en charge par d’autres services d’excellence des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Vous pourrez facilement trouver un protocole de recherche ou un essai clinique pour un patient atteinte de maladie auto-immune.

Vascularites

Maladie de Horton, granulomatose avec polyangéite (GPA), granulomat. hyperéosinophilique avec polyangéite (EGPA), polyangéite microscopique

Autres maladies

Autres maladies rares : sarcoïdose, maladie de Still, syndrome de Susac, maladie de Cogan, syndrome de Sneddon, etc...

"L'objectif du Centre National de Référence de Strasbourg est de pouvoir proposer à chaque patient atteint d'une maladie auto-immune une prise en charge personnalisée à l'aide des outils diagnostiques et des traitements les plus modernes"
Jean Sibilia
Pr Jean SIBILIA
Rhumatologue
FAQ questions maladies auto-immunes

FAQ maladies auto-immunes

Le système immunitaire est un ensemble d’organes et de cellules destinés à protéger l’organisme contre des agents étrangers (infection par des bactéries, virus et parasites mais également contre certaines toxines et cellules cancéreuses).

A cet effet, le système immunitaire humain est le plus évolué car il est doté à la fois d’une réponse immunitaire « innée » (peu spécifique) et « acquise » (adaptative avec une mémoire). Cette réponse immunitaire « acquise » utilise deux stratégies principales. La première est la production d’anticorps par des cellules spécialisées appelées les lymphocytes B (les anticorps sont des protéines qui se fixent spécifiquement sur les agents étrangers facilitant leur élimination de l’organisme ou bloquant leur action délétère). La seconde est le fait de cellules spécialisées présentes notamment dans le sang, les ganglions et la rate, appelées les lymphocytes T, qui détruisent directement les agents étrangers par simple contact. Le système immunitaire garde ce contact en mémoire et pourra, en cas de nouveau contact avec cet agent étranger, répondre beaucoup plus rapidement et efficacement.

Dans les conditions normales, le système immunitaire n’attaque pas les cellules de son propre organisme. On dit qu’il distingue le « soi » du « non-soi ». C’est le phénomène de « tolérance au soi ». L’auto-immunité est la conséquence directe de la rupture de tolérance au soi. Ainsi, au cours d’une maladie auto-immune, le système immunitaire commet des erreurs en produisant des auto-anticorps qui détruisent certains des tissus de son organisme, les considérants comme étrangers. Il existe deux grandes catégories de maladies auto-immunes : celles qui sont limitées à un organe (maladies auto-immunes « spécifiques d’organe » comme la maladie de Basedow qui touche la thyroïde ou le diabète de type I qui touche le pancréas, ou certaines maladies auto-immunes du foie) et celles qui affectent plusieurs organes successivement ou simultanément (maladies auto-immunes « systémiques » comme le lupus qui touche principalement la peau, les articulations, les globules rouges ou les reins).

On peut facilement rechercher des auto-anticorps spécifiques dans le sang et ces techniques d’immuno-diagnostic sont très utilisées en pratique courante. Il est beaucoup plus difficile de rechercher des lymphocytes T spécifiques, et on ne dispose pas encore de ces technologies en pratique courante.

Une maladie rare est une maladie qui touche moins de 1 personne sur 2000

Une maladie orpheline est une maladie pour laquelle il n’existe actuellement pas de traitement. Certaines maladies rares sont des maladies orphelines.

Les maladies auto-immunes, spécifiques d’organes et systémiques réunies, sont peu connues du grand public mais constituent pourtant la 3ème cause de morbidité en Europe Occidentale et aux Etats Unis. Leur fréquence est variable. Sans qu’on ait de chiffres fiables, certaines sont très rares comme la polychondrite atrophiante, d’autres sont plus fréquentes comme le syndrome de Gougerot-Sjögren dont la prévalence est estimée à 0.1% de la population, ou le lupus dont la prévalence est estimée à 0.07% (40 000 patients en France). Toutefois, améliorer la connaissance épidémiologique de ces maladies reste un élément important pour leur prise en charge, ces données épidémiologiques étant à la base de toute décision de santé publique.

A ce jour, plus de 80 maladies auto-immunes ont été individualisées. Les maladies auto-immunes d’organe les plus courantes sont le diabète de type I (destruction des cellules pancréatiques productrices d’insuline), la thyroïdite d’Hashimoto, la maladie de Basedow, la sclérose en plaques (atteinte du système nerveux central), et le syndrome de Guillain-Barré (atteinte des nerfs périphériques et de leurs racines pouvant occasionner une paralysie des membres et une insuffisance respiratoire). Les pathologies auto-immunes systémiques les plus communes sont le lupus érythémateux disséminé (atteinte préférentielle de la peau, des articulations, des reins, du système cardiovasculaire, des globules rouges), la polyarthrite rhumatoïde (atteinte principalement articulaire, plus rarement pulmonaire et cutanée), le syndrome de Gougerot-Sjögren (atteinte des glandes exocrines en particulier des glandes salivaires et lacrymales occasionnant un syndrome sec, avec plus rarement une atteinte des articulations, de la peau et des poumons), le syndrome des antiphospholipides (thromboses artérielles ou veineuses chez des sujets jeunes, avortement récurrents) ainsi que certaines vascularites systémiques. De plus, il a été observé que les maladies auto-immunes peuvent, dans certaines situations dues à la maladie ou bien à son traitement, prédisposer à des complications cardiovasculaires ou néoplasiques.

Oui, même si dans la majorité des cas les maladies auto-immunes touchent les femmes, ils arrivent que les hommes puissent développer des maladies auto-immunes

Non, les maladies auto-immunes ne sont pas contagieuses et ne peuvent donc pas se transmettre à l’entourage. Dans la très grande majorité des cas il ne s’agit pas de maladies génétiques et elles ne se transmettent donc pas à la descendance. Il peut cependant exister un “terrain familial” qui prédispose au développement des maladies auto-immunes dans la famille, chez certains patients

les causes des maladies auto-immunes restent en grande partie indéterminées mais font l’objet d’intenses recherches. Il est à présent clair qu’elles conjuguent un terrain génétique prédisposant et des facteurs environnementaux. Les facteurs génétiques sont complexes (gènes multiples de prédisposition). Certains gènes sont responsables de l’augmentation du risque de pathologie auto-immune en général, tandis que d’autres sont impliqués dans le développement de maladies spécifiques. Il est assez fréquent d’observer dans la famille d’un sujet atteint d’une maladie auto-immune, des parents proches ou éloignés qui présentent la même pathologie auto-immune ou une autre. Toutefois, ce caractère génétique ne répond pas à une transmission mendélienne classique (transmission héréditaire d’une mutation sur un seul gène) : l’exemple parlant pour illustrer ce fait est le taux de concordance entre jumeaux monozygotes : ils dérivent d’une seule cellule et partagent donc exactement le même patrimoine génétique. Lorsque l’un des jumeaux présente un lupus, le second jumeau développera la maladie dans 25 à 50% des cas. Par contre, ce taux de concordance tombe à 2% environ pour les jumeaux dizygotes, issus de deux cellules différentes. Ceci illustre bien que si le patrimoine génétique est important, l’hérédité est loin d’être suffisante dans la genèse des maladies auto-immunes et le risque de passage des parents aux enfants est faible.

S’il n’est en général pas possible de guérir les maladies auto-immunes, les nombreux traitements disponibles permettent généralement de bien contrôler les maladies auto-immunes et de restaurer une qualité de vie aussi normale que possible. Dans la très large majorité des cas, l’espérance de vie est favorable et les maladies auto-immunes ne sont pas mortelles. Dans de rares cas, il peut y avoir une atteinte d’un ou plusieurs organes nobles qui va engager le pronostic vital. Nous mettons alors en place tous les traitements possibles pour essayer d’enrayer la maladie.

Par analogie, les vaccins ont été régulièrement suspectés au cours de ces 10 dernières années avec une médiatisation probablement excessive. En effet, l’implication des vaccins dans le déclenchement de maladies auto-immunes n’a été qu’exceptionnellement démontrée. A l’inverse, de nombreuses études ont montré que les vaccins usuels, sous réserve que les contre-indications habituelles soient respectées, sont sans danger chez les patients atteints de maladies auto-immunes. D’une manière générale, le bénéfice de la vaccination (réduction du risque d’infection) dépasse très largement les risques théoriques liés à la vaccination. Certains vaccins (vaccins vivants atténués) ne peuvent être administrés chez les patients traités par corticoïdes, immunosuppresseurs et biothérapie. En cas de doute, n’hésitez pas à aborder cette question lors de la consultation avec votre médecin.

Dans la très grande majorité des cas, les maladies auto-immunes sont des maladies chroniques. Cependant, les traitements dont nous disposons permettent généralement de mettre la maladie en rémission, et dans certains cas, la maladie peut s’améliorer voir disparaitre spontanément. C’est par exemple le cas du lupus systémique, maladie fortement associée aux hormones féminines, qui s’améliore souvent spontanément après la ménopause.

Il n’existe pas de maladie auto-immune plus grave ou moins grave qu’une autre. Les maladies auto-immunes systémiques ont la capacité de potentiellement toucher pratiquement tous les organes. C’est donc le type d’organe touché et l’importance de la perte de fonction de cet organe qui va déterminer la sévérité de la maladie. Parfois, un même organe peut être touché de différentes manières ; avoir une atteinte du rein au cours du lupus peut être plus ou moins sévère selon qu’il existe ou pas une élévation de la créatinine (insuffisance rénale).

Les maladies auto-immunes, en particulier les formes systémiques, qui se caractérisent par la sévérité des atteintes d’organes rendent nécessaires un diagnostic précoce et la mise en place rapide d’un traitement adapté. Ces maladies chroniques évoluent souvent par poussées, entrecoupées de phases de rémission. La rémission est un terme médical utilisé pour définir la disparition de la maladie pour un certain temps. Il est généralement impossible d’affirmer qu’un patient est complètement guéri. Les poussées peuvent être récurrentes et laisser des séquelles fonctionnelles, en particulier rénales, cardiaques, pulmonaires et neurologiques. Elles peuvent être prévenues par un suivi régulier spécialisé et une information détaillée des patients sur les facteurs d’aggravation ainsi que sur les effets secondaires des traitements.

Au cours de certaines pathologies, le diagnostic n’est parfois fait que lorsqu’un organe cible est déjà en partie détruit, le seul traitement possible étant alors d’en contrecarrer les conséquences. Par exemple, dans le diabète de type I, le médecin prescrit de l’insuline pour contrôler le niveau de glucose sanguin. Cependant, le but de la recherche scientifique est de pouvoir, à l’avenir, prévenir la destruction des cellules pancréatiques. Au cours d’autres pathologies, comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde, les traitements sont destinés à ralentir ou supprimer la réponse immunitaire pathologique. Les médicaments utilisés sont appelés immunomodulateurs (par exemple l’hydroxychloroquine) ou immunosuppresseurs (les principaux sont les corticoïdes, le cyclophosphamide, le methotrexate, l’azathioprine, la cyclosporine et plus récemment le mycophenolate mofétil). Parfois le médecin peut proposer des traitements biologiques ou biothérapies qui agissent en contrôlant l’activité anormale du systéme immunitaire. Il s’agit alors d’immunothérapie. Malheureusement, ces traitements entravent également les réponses immunitaires physiologiques destinées à lutter contre les infections ; ils ont également d’autres effets secondaires potentiellement sérieux qui sont propres à chacun. Le but du traitement immunosuppresseur est d’induire une rémission de la maladie. Le plus souvent, les patients n’ont souvent pas la possibilité d’interrompre complètement le traitement. La possibilité que le patient rechute si le traitement est interrompu doit être mise en balance avec les effets à long terme des médicaments immunosuppresseurs.

La fatigue peut être présence au cours de nombreuses maladies auto-immune, et est souvent multifactorielle. Elle peut être en rapport avec l’activité de la maladie, ou avec d’autres manifestations directement ou indirectement associées (anémie, diabète, insuffisance des glandes surrénales), ou d’autres circonstances telles que la douleur, les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression, la fibromyalgie, etc.

Devant les maladies auto-immunes réfractaires aux traitements conventionnels (immunosuppresseurs et corticoïdes), le but de la recherche médicale est de mettre au point des traitements efficaces avec moins d’effets secondaires. La recherche est actuellement concentrée sur le développement de thérapeutiques dites « ciblées », c’est-à-dire qui vont interférer avec des fonctions précises de la réponse immunitaire, fonctions qui sont impliquées dans la pathogénie de la maladie. Ces nouvelles thérapies que l’on appelle à présent « biothérapies » comprennent notamment l’utilisation d’anticorps dirigés contre des molécules spécifiques des lymphocytes T ou des lymphocytes B ou contre des substances pro-inflammatoires produites par les cellules du système immunitaire. Ce type de stratégie a déjà été couronné de succès avec le développement d’inhibiteurs du TNFalpha qui ont constitué une révolution thérapeutique notamment dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde.

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